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Pricing : les SaaS ont beaucoup à apprendre des medias

4 des 5 modèles d'activation de croissance des SaaS peuvent s'inspirer de ce que font les médias digitaux.

Le pricing reste le parent pauvre des 4P du marketing (Produit, Prix, Place, Promotion) pour de nombreuses entreprises. Et au-delà de fixer le prix, déjà peu étudié en profondeur, elles sont encore plus rares à faire l’effort d’évaluer la bonne stratégie d’activation de croissance grâce au pricing. Pourtant, ça peut être un levier clé d’augmentation du nombre d’utilisateurs et de la marge, surtout pour un SaaS.

Le secteur qui a tout compris aux stratégies d’activation de croissance ? Les medias. Les SaaS peuvent s’en inspirer.

Le business model d’abord

Avant de parler d’activation de croissance, parlons de modèle d’affaires. Le premier choix est de décider si la plateforme sera complètement gratuite pour ses utilisateurs – et financée par la publicité ou autres types de financements comme les dons (on pense bien sûr au Guardian côté media sur ce modèle), ou si tout ou partie des fonctionnalités et services seront accessibles moyennant finance pour les utilisateurs.

La comparaison avec les medias commence ici, mais ne s’y arrête pas. Et c’est d’ailleurs en cas de choix de devenir payant que c’est le plus intéressant !

Les 5 stratégies d’activation de croissance

Freemium

Le freemium n’est pas un prix. C’est une stratégie qui consiste à garder en permanence une partie des fonctionnalités d’un SaaS accessibles à des utilisateurs non facturés pour cela.

Cela correspond en media à la stratégie par exemple de Sifted, qui propose une partie des articles en accès libre, tandis que d’autres sont réservés aux abonnés.

La limitation peut être sur d’autres critères, comme par exemple HBR qui limite le nombre d’articles accessibles gratuitement par mois – la variété des modèles de freemium media rappelle aux SaaS que les décisions de limitations associées au tier gratuit peut se faire sur de nombreux aspects (nombre d’utilisateurs, stockage, fonctionnalités, nombre de projets…).

L’affichage classique d’une limite atteinte d’articles en accès gratuit

Free trial, ou période d’essai gratuite

L’essai gratuit est courant – tant en media qu’en SaaS. Proposer l’accès à l’intégralité de la valeur du produit pendant un temps donné peut être très efficace – dans certaines conditions.

Paid trial, ou essai payant

L’essai payant, moins utilisé en SaaS, est très pratiqué en media. Le New York Times propose de découvrir l’intégralité des publications pour une somme modique les premiers mois. Cela a le double avantage de baisser la barrière à l’entrée pour le client, d’assurer un revenu minimum, et surtout de ne pas « offrir » gratuitement un contenu dont l’image doit rester à forte valeur pour les lecteurs. Une leçon de branding à retenir pour certains SaaS…

Money Back Guarantee, ou « Satisfait ou Remboursé »

Le « Satisfait ou Remboursé » n’a pas toujours une bonne image, car il est souvent associé à des conditions en « petits caractères » difficiles à appliquer. Pourtant, il peut aussi baisser les barrières à l’entrée. Côté medias, c’est très peu utilisé. Blendle, une appli qui permet la lecture de nombreux médias aux Pays-Bas, s’y est essayé à ses débuts (ils sont depuis passé en essai gratuit).

Consultation, ou démo

La démonstration est utile en SaaS, parfois d’ailleurs en introduction à un essai (gratuit ou payant). C’est une spécificité SaaS qui n’a pas d’équivalent dans le secteur des medias.



Comment choisir ?

Pour un Saas, il faut se poser quelques questions sur le produit et la typologie de clients ciblés pour pouvoir sélectionner la stratégie la plus efficace.

  • Si le produit est intuitif et ne nécessite pas d’investissements particuliers de la part du client (set-up, import de données) au démarrage, et surtout si il permet un “network effect” qui va faire boule de neige (comme par exemple DropBox qui envoie un lien et fait découvrir le produit à de nouveaux utilisateurs), le freemium est sans doute une excellente option.
  • Si le produit est intuitif, ne nécessite pas d’investissements particuliers (set-up, import de données) au démarrage, mais a peu de « network effect ». Si l’utilisateur est le décideur, et ne peut pas être “abusé”, le free trial doit être envisagé.
  • Si le produit est intuitif, etc. mais que l’usage peut être abusé, alors le paid trial est recommandé pour éviter les abus.
  • Pour les produits plus complexes, on peut privilégier le Money Back Guarantee si l’utilisateur est le décideur final.
  • La Consultation (ou démo) est utile si le produit est vraiment compliqué à appréhender ou si les choix de modules nécessitent une explication spécifique.

Un dernier conseil

Il ne suffit pas de choisir la bonne stratégie, il faut aussi bien l’exécuter. Il faut donc surtout bien préparer la mise en œuvre et l’exploitation du modèle choisi pour optimiser ses résultats.

  • Anticiper les ressources pour gérer la charge en service client, onboarding, etc… Et rendre les clients le plus autonome possible, avec FAQ, tutos et autres vidéos, alimentés au fur et à mesure des demandes entrantes.
  • Mettre en place les outils pour collecter les données sur le tunnel de conversion et sur l’usage du produit.
  • Préparer en amont les étapes de conversion, en exploitant les données d’usage produit par exemple pour mieux cibler les clients les plus susceptibles de convertir sans promotion.

Et surtout, ne pas hésiter à se reposer ces questions au fur et à mesure du déploiement de la roadmap produit !



Cadeau Bonux, mon épisode de Marketing Square sur ce sujet :

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Titre : Photo by AbsolutVision on Unsplash

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