Chefs d’entreprise : les bonnes résolutions à prendre à la rentrée

La très proche arrivée dans le dernier trimestre, la dernière ligne droite avant la fin de l’année comptable pour un grand nombre de chefs d’entreprises et fondateurs, n’y est pas pour rien. Dernières opportunités d’aller chercher des queues de budget chez les clients en B2B, dépenses de rentrée et de fêtes de fin d’année en B2C, les occasions sont nombreuses, mais il s’agit de ne pas les manquer. Il faut aussi préparer l’année suivante : préparer les budgets et autres business plans, anticiper les recrutements, identifier les ressources clés à mettre en place pour la croissance souhaitée l’année prochaine… Bref, les 4 derniers mois de l’année sont chargés pour beaucoup, surtout si les fondateurs sont encore aux prises avec ces nombreux sujets financiers, marketing et commerciaux.

 

7 conseils pour les chefs d’entreprise pour la rentrée

7 Conseils pour les dirigeants et chefs d'entreprise

Pour ne pas se laisser déborder et perdre en quelques semaines (voire jours !) les bénéfices de la pause estivale, quelques conseils

Travailler votre gestion du temps 

C’est l’un des points faibles de tous les entrepreneurs : la gestion du temps. Les journées sont bien remplies (et même trop remplies), avec des actions qui n’apportent pas toujours des résultats. Or, la loi Pareto s’applique aussi à votre planning : 20 % de vos actions vous amènent 80 % de vos résultats (ou presque). 

Après avoir pu vous ressourcer cet été (je vous le souhaite), c’est le moment idéal pour travailler votre gestion du temps. Vous avez pu profiter des congés pour faire autre chose : profiter de vos proches, faire du sport, faire de la veille, apprendre sur de nombreux sujets… Quelle que soit l’activité qui vous a le plus apporté cet été, ne l’arrêtez pas sous prétexte de retour au bureau. Donc, veillez à garder du temps disponible.

Le temps disponible peut vous servir à de nombreuses activités non pas pour vos clients, mais pour vous, et ça peut comprendre :

  • des séances chez le psy ;
  • du coaching ;
  • du temps de partage avec d’autres entrepreneurs ;
  • du brainstorming créatif et collectif ;
  • des séances de sport.

Il faut accepter de prendre rendez-vous avec soi-même. On prend le temps de voir ses collaborateurs, ses fournisseurs et autres, mais rarement de prendre rendez-vous avec soi.

Loic Renart, Président de G&C Développement


Pour tenir sur la durée, c’est essentiel de nous garder des impératifs qui participent à notre créativité et à notre bien-être. Je vous rassure, vous n’êtes pas obligé d’aller pousser de la fonte à la salle de muscu’ (je m’en passe très bien). Mais, identifiez ces moments dont vous avez besoin, même si, sur le coup, ils ne vous semblent pas essentiels pour le développement de votre entreprise. Après tout, c’est vous le moteur derrière tout ça.

Passez votre planning au peigne fin, et supprimez les tâches qui ne vous apportent rien (à part la satisfaction d’avoir fait quelque chose). Non, vous n’êtes pas obligé de participer à tous les meetings si votre présence n’apporte rien. Savoir là où on est dispensable (ou indispensable), c’est la clé pour le conseil suivant.

Apprendre à déléguer

Revenons au basique (merci Larousse) : déléguer, c’est envoyer quelqu’un au nom d’un groupe, de quelqu’un d’autre, dans un but déterminé, avec une mission définie. Mais c’est aussi, confier un pouvoir à quelqu’un, le lui transmettre.

Bref, déléguez. Que ce soit à vos salariés, à des ressources externes en free-lance, à vos conseils (avocats, comptables, etc.), une grande partie de ce que vous produisez peut l’être par quelqu’un d’autre, vous laissant l’opportunité d’améliorer une première version.

Le cercle vertueux de cette délégation est sans limites, mais le premier pas est souvent difficile. Que ce soit sur la stratégie commerciale, le développement produit, le marketing de commercialisation, la construction du business plan, l’identification des ressources pour les défis à relever, demandez à quelqu’un d’autre de faire le premier jet. Vous n’en serez que plus efficace pour rebondir, et vous aurez gagné le temps nécessaire pour le point ci-dessus.

Généralement, on n’a pas de mal à déléguer ce que l’on n’aime pas (à tout hasard, la compta). Là où ça devient plus compliqué, c’est de déléguer ce pourquoi on est bon, et qui a souvent contribué à notre succès actuel.

Pourtant, c’est essentiel. Voyez ça comme une co-construction. Vous n’êtes plus les petites mains de votre entreprise. Aujourd’hui, vous êtes aussi là pour faire émerger des talents prêts à faire rayonner votre boîte, pendant que vous, vous êtes aux commandes de la vision et de la stratégie.

Recréer du lien

3 dirigeants sur 4 nous disent aspirer à être plus et/ou mieux entourés (source : BPI France). Oui, la solitude du dirigeant est une problématique bien plus courante que ce que vous pensez. Mais, ce n’est pas la seule bonne raison pour recréer du lien. C’est aussi dans votre réseau (et dans l’agrandissement de votre réseau) que vous pourrez aller chercher de nouvelles opportunités. Après tout, si on reprend (encore) le Larousse, prospecter, c’est simplement examiner un terrain pour rechercher les richesses naturelles.

Alors, reconnectez. Que ce soit avec votre équipe (séminaire de rentrée, brainstorming, etc.) ou avec votre réseau, la rentrée est propice à générer de nouvelles idées et relancer des opportunités externes. Soyez à l’écoute de vos collaborateurs qui eux aussi ont pu prendre du recul pendant les congés, reprenez contact avec d’anciens prospects, participez à plusieurs événements de votre réseau… D’ailleurs, pourquoi ne pas rejoindre un nouveau réseau ?

Revoir sa stratégie d’analyse de data

Vouloir être une entreprise “data-driven”, c’est dans l’air du temps. D’ailleurs, d’après une enquête Deloitte, 86 % des entreprises considèrent la data comme étant cruciale pour leur stratégie d’entreprise

Pourtant, trop d’entreprises analysent les mauvaises données, avec pour résultat : 

  • une perte de temps ;
  • une augmentation des coûts ;
  • des prises de décisions mauvaises ; 
  • un problème de rétention de leurs clients.

Vous allez probablement me dire « Oui, mais moi, c’est différent. Toutes les données analysées sont essentielles. » Peut-être. Mais pour être sûr, je vous invite à revoir tous vos KPI en vous posant cinq questions.

D’abord, à quoi va vous servir le KPI ? C’est-à-dire, quelles décisions seront impactées par la valeur absolue ou les changements dans le temps de cette mesure ?

Si le KPI n’impacte aucune potentielle décision, il ne sert à rien.

Ensuite, quel est l’objectif à atteindre pour ce KPI ? Avez-vous a minima un benchmark auquel vous comparer ? Pas d’objectif, pas de KPI. Pas de bras, pas de chocolat.

En troisième, à qui va servir le KPI ? Dit autrement, qui a besoin de cette donnée ou de ce calcul (et pour quoi faire) ? 

Petite astuce : utilisez le concept de user story : “en tant que…, je veux … pour décider…” pour résumer les trois premières questions.

Autre question essentielle : comment se calcule le KPI ?

Si on sait qu’on a besoin de ce KPI, on doit savoir comment le mesurer.

Demandez-vous : 

• Est-ce que les données sont propres et récentes ?

• Est-ce que les canaux qui remontent les données sont fiables ?

• Est-ce que les données permettent de couvrir l’ensemble des clients/canaux/domaines qui sont l’objet d’étude du KPI ?

Last, but not least : comment allez-vous présenter le KPI ?

On garde en tête qu’un KPI, c’est d’abord de la collecte de données, puis de l’analyse de données, et enfin du reporting de données.

C’est le genre de sujet que j’aborde souvent sur LinkedIn. On s’y retrouve ? 

Réévaluer ses process

Ce n’est pas le sujet le plus sexy, mais c’est l’un des plus importants : est-ce que vos process sont clairs ? Si demain, vous n’êtes pas là, est-ce que vos process sont bien posés et décrits pour que chacun sache ce qu’il a à faire, pourquoi et comment ?

Derrière chaque lancement de produit, d’offre ou de service, est-ce que tout le parcours est détaillé ? Oui, je sais, je pose beaucoup de questions. Mais, c’est (aussi) mon rôle de Sparring Partner.

En bonus : clarifier vos process, c’est aussi faciliter vos futurs recrutements et on-boarding.

Préparer l’année suivante

Déléguer, recruter, réévaluer ses process, automatiser : toutes ces actions ont finalement le même objectif. Pouvoir vous laisser le temps et l’espace pour préparer l’année à venir. Parce que si on doit résumer (très simplement) le rôle du dirigeant, on en revient à ça : vous êtes là pour porter la vision de votre entreprise. Et grâce à cette vision, assurer sa pérennité financière.


Les valeurs du dirigeant, son profil psychosociologique, ses buts et aspirations déterminent le fonctionnement de l’entreprise.

Olivier Torrès, Professeur à l’Université de Montpellier et chercheur associé à Montpellier Busines School


Se faire accompagner

Quand on a la tête dans le guidon, c’est dur de voir plus loin que le bout de son nez (et c’est là que j’interviens). Avoir un regard extérieur et neutre, c’est essentiel pour faire le point sur sa stratégie business, son positionnement, son pricing, son go-to-market, son parcours client, son organisation interne, sa structuration, sa priorisation des plans d’actions, son choix des prestataires, le pilotage de l’exécution…

Bref, les besoins derrière un accompagnement de chef (et cheffe) d’entreprise sont multiples. Mais l’objectif doit toujours être le même : aider les dirigeants à prendre les bonnes décisions business et les accompagner dans leur mise en œuvre. 

Ces conseils sont évidemment plus faciles à rédiger qu’à appliquer, mais le stress de la fin d’année (budgets, préparation de l’année prochaine, etc.) va vite arriver, et c’est le moment d’ancrer de bonnes habitudes salvatrices dans les gros moments de stress qui ne manqueront pas de se reproduire.

Bonne rentrée à tous !

Photo by Christin Hume on Unsplash
Création Canva

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